Réfutation du solipsisme grâce à l'AI

La recherche de connexions entre ces différents domaines de la connaissance
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Joel
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Inscription : 03 avr. 2019, 18:30

#1

03 avr. 2019, 18:34

Bonjour

Je suis nouveau sur ce forum.
J'aimerai proposer un approfondissement sur 2 thèmes dont j'ignore s'ils ont déjà été abordés ici? Surtout le second..
-La réfutation du solipsisme.
Je me bats depuis une décennie et apres des milliers de contacts souvent inutiles et épuisants pour trouver une réponse à ce thème prestigieux.
J'utilisé le raisonnement par l'absurde et propose 3 bases intéressantes. ;
La raison d'être de l'amour.
Celui du mal obscur à effet de levier.
La place des mathématiques ; socle precieux pour valider un monde cohérent.
-J'ai du faute de correspondants cherché à me rapprocher de grandes centrales informatiques dotées de l'intelligence artificielle pour approfondir cette question et verouiller toutes failles de raisonnement, en vue également d'un consensus utile ;
Celui de proposer une alternative totalement indémontable au test de turing sensé différencier le vivant du superficiel, ce test ridicule est devenu lui même trompé par l'intelligence artificielle.
Un bébé existe autant qu'un être réfléchi et par principe plus qu'un programme sophistiqué. ..
-L'autre thème important concerne la réfutation du mythe de Siisyphe ou de la roue de Samsara ;
Une approche indirecte pour parvenir à prouver que la vie éternelle vaudrait la peine d'être vécue par delà ce mythe de réincarnations éternelles et infernales..
Merci de votre altérité réflexive. ..

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Waneg
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Inscription : 08 avr. 2017, 12:00

#2

17 avr. 2019, 17:07

Salut Joel,

Pour commencer, bienvenue sur ce forum, qui peine à démarrer et dont l'existence est de ce fait précaire.

D'après le Larousse, le solipsisme est une "conception selon laquelle le moi, avec ses sensations et ses sentiments, constitue la seule réalité existante dont on soit sûr".

La Réalité est inaccessible au commun des mortels. Ceux qui la contemplent, les illuminés (ou Éveillés), n'ont plus d'ego, alors que chez nous c'est lui qui affirme notre personnalité et nous distingue des autres. Chaque ego crée sa propre réalité, ce qui est particulièrement visible chez les individus atteints de psychose hallucinatoire (schizophrénie, folie et autres pathologies mentales majeures), bien que nous soyons tous concernés à divers degrés. Le créateur de la réalité individuelle est le mental, avec les images et les mots qu'il produit de manière ininterrompue et auxquels nous accordons toute notre attention. Or, ce phénomène porte un nom : l'identification de la conscience à la pensée, laquelle a conduit Descartes à sa célèbre formule "Je pense donc je suis", erreur fondamentale qui depuis ne cesse d'influencer l'Occident. Dans ses "Méditations métaphysiques" il distingue l'âme du corps en se fondant sur deux propositions : 1) L'existence de mon âme est certaine (mon expérience subjective ne peut être mise en doute), et 2) L'existence de tout corps est incertaine (je n'ai aucune certitude que le monde qui m'entoure ne soit pas ma propre création), ce dont il déduit que le corps et le mental (qu'il nomme âme) sont distincts l'un de l'autre. La connaissance de sa propre existence – l'être, ou conscience – est donc chez Descartes associée à son mental, puisqu'il lui permet de faire l'expérience des mondes intérieur et extérieur et de raisonner sur la nature de l'un et de l'autre. Cette vision des choses est le résultat de l'identification de la conscience à la pensée.

Un enfant croit dur comme fer que le Père Noël existe. Les adultes ont d'autres certitudes, qui dépendent de l'environnement socio-culturel, de l'histoire et de l'expérience de chacun. Par exemple, certains croient que le Diable existe, alors dans leur réalité il existe réellement et pourrait se manifester à eux sous une forme quelconque. En conséquence, la seule réalité à laquelle nous avons accès est celle créée par le moi individuel, ou ego, et elle diffère d'un individu à l'autre. Comme je viens de le dire, ceux qui sont allés au-delà de l'ego voient la Réalité, la seule et vraie réalité, indépendante de tout individu et que l'on ne peut conceptualiser. La Réalité est la pure conscience, différente de la conscience telle que nous la concevons et que nous associons à la pensée. Dans cette Réalité tout est connu (c'est l'omniscience attribuée à Dieu), il n'y a plus ni questionnement ni doute.
J'ai du faute de correspondants cherché à me rapprocher de grandes centrales informatiques dotées de l'intelligence artificielle pour approfondir cette question
Incapables de saisir la Réalité, les hommes ont inventé l'Intelligence Artificielle, laquelle hérite de toutes leurs erreurs d'appréciation quant à la nature de la conscience. Fondamentalement, la conscience préexiste à la pensée : un individu inconscient pour une raison ou une autre (sommeil ou anesthésie générale, principalement) ne pense pas, et ceci parce que la conscience est l'observatrice de notre activité cérébrale, laquelle ne cesse jamais. Lorsque la pensée n'est pas observée, n'est pas conscientisée, elle "tourne à vide", elle n'existe tout simplement pas, et le moi, l'ego, disparaît. Avant de penser il faut donc être – être conscient d'exister –, d'où l'erreur de Descartes. Si l'ego, créé par la pensée, est individuel, la conscience est quant à elle universelle, et à ce titre impersonnelle.

Pourtant, l'idée a germé dans les plus brillants esprits que la conscience émergerait de la complexité d'un système, le cerveau par exemple, qui en fait n'est qu'une interface entre la conscience et le corps. En créant des machines fonctionnant sur le principe des réseaux neuronaux artificiels, qui tentent de reproduire le fonctionnement des neurones organiques, ces mêmes esprits ont conclu qu'en leur ajoutant des couches supplémentaires de complexité lesdites machines finiraient par devenir conscientes ... et nous réduire en esclavage ! C'est une aberration complète, pourtant cette croyance est très répandue (jusqu'à Bill Gates lui-même).

Pour résumer, en quoi consiste notre erreur ? Plusieurs éléments interviennent :
  • La croyance en la création de la conscience par le cerveau, ce qui a été amplement démenti par de nombreux faits, et en particulier l'expérience vécue par Pamela Reynolds. C'est une thèse en laquelle de nombreux neuroscientifiques ne croient plus, mais en tant que thèse officielle elle a la vie dure, surtout lorsque l'octroi de crédits de recherche est assujetti à son adhésion.
  • L'affirmation selon laquelle la pensée est la conscience. La conscience s'est en réalité identifiée à la pensée, alors qu'elle lui préexiste, créant ainsi l'ego individuel – donc l’égocentrisme – et tout le mal qu'il sème en ce monde.
  • L'IA pourrait devenir consciente et prendre des décisions seule. Aussi belliqueuse et assoiffée de pouvoir que ses créateurs, sa seule ambition serait alors de prendre le contrôle du monde (tout comme les extraterrestres, qui depuis 72 ans n'attendraient que le bon moment pour nous éliminer). C'est tout bonnement grotesque. Une machine exécute son programme et rien de plus. Ce qui n'a pas été prévu par le programmeur ne sera jamais exécuté, ou alors c'est ce qu'on appelle un bug. Pour qu'elle agisse contre l'humanité il faudrait donc la programmer dans ce sens, et avec l'expérience acquise ces dernières décennies en matière d'armes "intelligentes" ça ne poserait aucune difficulté.
Si on ne sait pas ce qu'est la conscience, comment pourrait-on comprendre la Réalité ? Et si on ne connaît pas la Réalité, quel crédit accorder aux innombrables réalités individuelles ? L'une d'elles serait-elle plus juste que les autres ? Prenons le cas de deux personnes, l'une percevant le rouge en tant que rouge, et l'autre le voyant comme du vert, que pourtant elle appelle rouge puisqu'on lui a appris que cette couleur se nomme rouge. Comment ces deux personnes pourraient-elles savoir que, fondamentalement, l'une et l'autre ne perçoivent pas la même chose ? Nous appelons "le réel" ce dont nous croyons avoir tous la même perception, mais qui nous dit que c'est vraiment le cas ? Cette conception du réel est si universellement admise que nous allons jusqu'à nous moquer de ceux qui prétendent percevoir quelque chose de plus, invisible aux yeux des autres ! C'est dire combien nous sommes majoritairement aveugles, n'est-ce pas ?

Enfin, la réalité de chaque individu ne constitue pas nécessairement pour lui "la seule réalité existante dont il soit sûr", sinon il camperait à vie sur ses positions et cesserait de s'informer et de chercher une vérité plus universelle. La recherche de la vérité, dans quelque domaine que ce soit, signifie qu'on n'est sûrs de rien, que nos sens et notre capacité de raisonnement ne sont pas fiables. C'est pourquoi nous sommes avant tout des croyants, et pourquoi les croyances – toutes plus ou moins irrationnelles – sont, avec les mots, à ce point nécessaires dans la perception et la définition de qui nous sommes.

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